Écrire pour explorer les mystères au-delà du fantastique

INTERVIEW | par Le plaisir de lire - Série "Être auto-édité"

 Le plaisir de lire


Une nouvelle opportunité de partager une partie de l'aventure d'auteure s'est présentée. Mais cette fois, il est question de parler spécifiquement de l'autoédition, des défis à relever, des réussites, de notre regard à ce propos. Avec Le Plaisir de Lire, je partage mon expérience dans le cadre de la série Être auto-édité (douze auteurs interviewés, soit une implication conséquente !).

Chaque volet présente un binôme d'auteur(e)s. Ma participation fait partie du 6ème volet aux côtés de Cloé et Tat'. En fin d'article, retrouvez les liens qui vous permettront d'en savoir plus.

Bonne lecture !

Être Auto-Édité

  • Décrivez-vous en quelques lignes et présentez brièvement vos écrits auto-édités ou non.
Sélène Derose, auteure auto-éditée.J’ai publié :
Quêtes, d’ombre et de lumière, un recueil de contes qui aborde le changement, voulu ou non, dans une ambiance fantastique, poétique et métaphorique (paru en mai 2017)
–  Alter Ego – Au-delà des apparences, un roman psychologique/fantastique, dans lequel Niya Clark, fraîchement sortie des études supérieures sera confrontée à un évènement qui l’amènera à s’aventurer au-delà des apparences et de la vraisemblance… (paru en juin 2017)

Questions générales – Autour de l’auto-édition

  • L’auto-édition était-elle un choix au départ de vos démarches de publication ?
L’auto-édition a été un choix, mûrement réfléchi tout de même. Au début, prendre conscience que l’on doit tout gérer soi-même m’a fait un peu peur, et chaque étape amène son lot d’appréhension, mais maintenant que je suis lancée et je fais en sorte d’avancer pas à pas.
  • Avez-vous d’abord présenté vos écrits à des maisons d’édition ? Quels ont été les retours ?
Je n’ai pas tenté ma chance auprès d’eux étant donné que j’avais déjà opté pour l’autoédition.
  • (En cas de retours positifs OU de choix de départ) Pourquoi avoir préféré l’auto-édition dans ce cas ?
Si j’avais été acceptée, j’aurais bien sûr apprécié le support de l’équipe éditoriale qui m’aurait évité une charge importante de travail. Cependant, ce qui m’attire dans l’auto-édition est la liberté artistique et éditoriale ainsi que la transparence des actions menées et leurs résultats.
  • Êtes-vous satisfaits de l’auto-édition ? Quels sont les avantages et les inconvénients que vous avez pu observer sur ce mode d’édition en le vivant ?
Chaque activité a ses bons et moins bons côtés. Dans l’auto-édition comme dans toute activité d’entreprenariat, la liberté est la motivation, mais elle rime aussi avec responsabilités. Si l’on ne fait rien, on n’a rien. Parfois, on peut se sentir seul, découragé, mais lorsque l’on réussit à atteindre ses objectifs (quels qu’ils soient), on revit.
Les avantages que j’y trouve sont essentiellement : la liberté éditoriale, le challenge, l’apprentissage permanent, les surprises et opportunités inattendues.
Les inconvénients tiennent principalement du fait qu’au début on ne sait rien, et que l’on doive malgré tout assurer l’intégralité de la ligne éditoriale.
  • Votre prochain écrit, vous le voyez forcément auto-édité ou hésitez-vous (ou hésiterez-vous) à l’envoyer à des maisons d’édition ?
Je ne sais pas encore. Probablement auto-édité, mais je ne me ferme aucune porte.
  • Que reprochez-vous aux maisons d’édition classiques ?
Rien, étant donné que je n’ai jamais collaboré avec elles.
  • Ne pensez-vous pas que la concurrence chez les auto-édités est bien plus grande que chez les édités classiques ?
Sur ce point, je n’ai pas encore assez de recul pour répondre. Mais j’imagine qu’on peut le considérer, étant donné que les édités classiques bénéficient de la notoriété des maisons qui les valorisent. Chaque auto-édité, lui, est potentiellement l’égal de son voisin et doit vraiment se démarquer pour être mis en avant. Cela étant, il est possible de faire évoluer ce regard. Les auto-édités peuvent aussi s’entraider pour devenir des partenaires et non des concurrents, laissant ainsi l’appréciation finale au lecteur.
  • Le nombre de livres auto-édités est absolument faramineux et, aujourd’hui, n’importe qui peut publier n’importe quoi. Comment inciterez-vous des réfractaires à ce phénomène à ouvrir l’un de vos livres ?
En lui disant de ne pas se fier aux apparences, de lire des extraits disponibles pour se faire une idée. Je lui parlerais aussi du travail engagé dans mes livres pour qu’il soit conscient de la profondeur de ma démarche.
  • Le fait que le marché est complètement noyé sous la masse de publication (ça vaut aussi pour les édités classiques), vous trouvez ça bien ou pas ?
Je trouve cela juste plus compliqué pour sortir du lot, et je me questionne sur la qualité et l’originalité des œuvres sortantes. Cela dit, c’est la preuve que l’envie de créer est présente dans notre société.
  • Toujours sur cette masse que constitue l’auto-édition, ne pensez-vous pas que c’est un marché qui ne permet pas d’obtenir une vraie notoriété et un public large ?
Effectivement, il me semble que seuls quelques auto-édités ont une vraie notoriété et un large public… Mais si certains ont réussi pourquoi pas d’autres ? Et puis tout dépend des raisons pour lesquelles on s’autopublie. Pas besoin d’être célèbre pour se sentir bien dans sa démarche.
  • Comment vos proches ont-ils réagi à cette auto-édition ? Ont-ils eu des à priori ?
Tous n’ont pas eu d’à priori, mais la plupart d’entre eux, oui. Cependant, je m’y attendais. Ils sont, comme la majorité des gens, habitués au circuit traditionnel, au mythe de l’écrivain et au prestige des maisons d’édition. Alors se publier soi-même… c’est un peu douteux comme choix. Avant de découvrir l’auto-édition, j’étais moi-même conditionnée à avoir cette opinion, alors je ne peux pas leur en vouloir. Le plus important est qu’ils respectent mon choix, et je les remercie pour cela.
  • L’auto-édition est très souvent synonyme de « numérique uniquement ». Je fais moi-même partie des gens complètement réfractaires au numérique. Pour vous est-ce une vraie barrière ou un faux problème ?
Je comprends totalement ceux qui n’apprécient pas le numérique, mais les à priori sont une entrave à la découverte.
  • Même si des auto-édités peuvent être meilleurs que des édités, que pensez-vous de la qualité du marché de l’auto-édition dans son ensemble ?
Je n’ai pas lu suffisamment d’auto-édités pour répondre, mais les œuvres que j’ai appréciées jusqu’ici étaient bien écrites et prometteuses. J’aime à croire qu’à l’heure actuelle, les auto-édités tendent à devenir plus rigoureux sur la qualité de leurs textes. C’est le minimum. Car une écriture correcte évite à un texte d’être mis de côté. Et puis, cela permettrait à l’autoédition de gagner en légitimité.
  • Quelle est la plus grosse difficulté à laquelle vous a confronté l’auto-édition ? (Couverture, correction / mise en page, promotion …).
La promotion, incontestablement. Comme vous l’avez évoqué : comment se dégager de la masse en étant une personne lambda qui sait plus écrire que vendre et qui n’a aucun réseau préétabli ?
  • Maintenant que vous avez obtenu une notoriété et une « fan-base » (de la plus modeste à la plus vaste) via l’auto-édition, n’avez-vous pas envie de renvoyer vos manuscrits à des maisons d’édition ?
Merci, vous m’apportez l’idée sur un plateau ! Plus sérieusement, j’avance pas à pas, mais ma plus grande fierté serait de mener par moi-même mes projets en cours jusqu’au bout. Le reste viendra et se décidera en temps voulu.
  • En conclusion, pour vous l’auto-édition c’est bien mais …
Il faut se préparer et le vouloir, c’est tout.

Libre expression

Tout d’abord, merci d’avoir donné la parole aux auteurs auto-édités. Différents parcours, plusieurs regards, tous très enrichissants, sur un thème dont on pourrait parler des heures entières tant il revêt des aspects insoupçonnés. On comprend que pour la plupart des auteurs, l’autoédition est quoiqu’il arrive un choix de persévérance, la visibilité étant souvent le point le plus compliqué. C’est dans cet esprit que j’ai fondé le « Club des Autoédité(e)s et Indés » (liste sur Twitter) pour qu’entre auteurs nous puissions mutuellement nous aider à gagner en visibilité. De ce rapprochement ont naturellement émergé des liens, beaucoup de partage, des projets communs. Tout cela dans la bonne humeur !

Merci encore pour cette opportunité d’expression, j’ai apprécié de partager mon expérience à la mesure de ma prise de recul sur les aspects évoqués, et je le referai avec plaisir si l’occasion s’y prête.



Pour voir l'échange dans son intégralité (comprenant les réponses de Cloé et Tat') c'est ici :
http://www.leplaisirdelire.fr/etre-auto-edite-6-cloe-tat-selene-derose/

Cloé et Tat'

Vous pourrez également découvrir la vision de tous les autres auteur(e)s ayant participé à cette série.

Surtout, ne ratez pas le bilan dans lequel Le Plaisir de Lire raconte comment son regard a changé vis-à-vis de l'autoédition (en mieux !)
http://www.leplaisirdelire.fr/etre-auto-edite-bilan/


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